Cette situation suscite de nombreuses interrogations. Le service public Météo-France a joué son rôle en mettant en alerte rouge 4 départements : la Vendée, la Charente- Maritime, les Deux-Sèvres et la Vienne et en alerte orange plus d’une cinquantaine d’autres.
Sur le dispositif de prévention et intervention : le service public montre son efficacité mais aussi des défaillances, conséquences des politiques successives de désengagement de l’Etat et des coups portés au service public.
En effet, la population avait été alertée sur les effets du vent mais apparemment pas sur les effets dévastateurs conjugués du vent et des coefficients de marée. Il y a eu pourtant des précédentes en 1926 et 1929 d’où la construction des digues.
A de très rares exceptions, il n’a pas été procédé à des évacuations de population. Les conséquences les plus graves ont touchés particulièrement les communes où les digues se sont rompues ou étaient mal entretenues. La question est celle de la surveillance et l’entretien des digues et de la protection de la population.
Un rapport de la DDE avait signalé en 2008 le fait pour le secteur de la Faute-sur-mer, que « la rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes ». D’autre part, le même rapport indique que 3000 maisons y ont été construites en une dizaine d’années, 40 000 personnes fréquentant la zone en période estivale. Manifestement une urbanisation anarchique et spéculative est en cause.
La Fédération nationale CGT de l’Equipement et de l’Environnement voit la traduction du désengagement de l’Etat avec les lois de décentralisation telles qu’elles ont été mises en oeuvre, les abandons de missions, les suppressions massives d’effectifs. Le Président de la République annonce des mesures : la première doit être l’abandon de la révisons générale des politique publiques (RGPP).
On peut s’interroger sur la manière dont les services de l’Equipement transférés aux Conseils généraux, personnels de travaux et personnels des parcs et ateliers, ont été mobilisés pour venir en aide à la population.
Ces éléments montrent la nécessité d’engager une politique nationale alternative de prévention des risques avec des services publics en capacité d’intervention rapide notamment en gestion de crise pour venir en secours de la population.
En premier lieu, il est nécessaire de mettre fin à l’affaiblissement des services de Météo- France comme d’autres services publics de prévention des risques menacés dans leur existence même aujourd’hui. L’entretien des digues et des protections du littoral rendent nécessaire une maitrise publique nationale en associant l’ensemble des collectivités locales pour mobiliser les moyens, les financements et organiser la mise en oeuvre des politiques publiques.
Il s’agit aujourd’hui de promouvoir un plan de reconstruction et de rénovation des infrastructures, une nouvelle politique de l’habitat, d’aménagement du territoire et du développent économique. La réorganisation de l’administration territoriale de l’Etat nous interpelle. La mise en place des Directions départementales interministérielles (DDI) se traduit aujourd’hui par la perte d’outils d’interventions opérationnels et de cohérences nationale des politiques publiques.
On a besoin de reconquérir et développer des services publics efficaces et de redéfinir des réglementations qui s’appliquent à tous en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Montreuil, le 2 mars 2010