• Transport
  • Social
  • Santé
  • Logement
  • Justice
  • Informations (médias)
  • Finances
  • Équipement
  • Énergies
  • Emploi
  • Éducation
  • Eau
  • Culture
  • Communication
  • Tout service public
  • Actualités
  • Territoires
  • Convergence
  • Manifeste
  • Dossiers
  • Les Collectifs
  • Consulter
    la liste des collectifs
 
La lettre
Liens
  • contact
  • plan
  • mentions légales
  • accès rédacteur
Accueil > Territoires > Limousin > Corrèze (19) >

Sauvetage d’une clinique privée avec de l’argent public = Chronique d’une privatisation annoncée de l’hôpital
Par : NGUYEN, Christian
27.02.2010
Jeudi 25 février, plusieurs centaines de manifestants ont marqué à la fois leur refus mais aussi leur détermination. Ne pas laisser l’hôpital de Brive subir les attaques directes de la politique de santé gouvernementale ni celles plus sournoises, d’un rapprochement avec un autre établissement de santé ...privé.
:: Plus d'informations sur ce site : http://www.coordinationchbrive.fr/ ::

"L’histoire de ce projet débute avec deux constats : le Schéma Régional d’Organisation Sanitaire 2006 qui impose le regroupement des deux maternités sur le site de l’hôpital et l’obsolescence du plateau technique de la clinique qui l’oblige à une rénovation coûteuse ou à un rapprochement avec un autre établissement de santé.

Les contacts habituels qui existaient déjà entre l’hôpital et d’autres établissements vont dès lors s’accélérer avec la clinique sous le pilotage de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation (ARH) qui fait miroiter une carotte financière non utilisée après l’échec des tentatives de rapprochement entre les deux cliniques de Limoges puis des deux cliniques de Brive

Les promoteurs de ce projet en faisaient alors une présentation idyllique avec comme arguments de propagande :

- mutualisation des moyens et mise en commun des compétences

- éviter la concurrence d’une grosse clinique recomposée

- préserver certaines activités chirurgicales cancérologiques menacées par les seuils d’activité de l’Institut National du Cancer (INCa)

- bénéficier du financement dans le cadre du plan Hôpital 2012.

Vont se succéder, à marche forcée, plusieurs réunions et des votes, dans une espèce de torpeur, savamment entretenue, pour masquer les incohérences qui commencent à émerger car ce projet peut se résumer à "la construction d’une clinique privée commerciale complète dans l’enceinte de l’hôpital, totalement financée par l’argent public avec toujours plus de concessions architecturales et fonctionnelles (véritable parodie de négociation et stratégie de surenchère de la clinique) pour aboutir finalement à une plate-forme d’accord édulcorée ».

A ce stade (début 2009) vont naître des doutes transformés en réserves puis en opposition traduite par des votes hostiles à ce projet par des médecins et des élus politiques alertés par les dérives de ce projet et ses incohérences, la loi Bachelot et ses conséquences, la consultation du personnel massivement contre et par les retours d’expérience catastrophiques d’autres villes (Carpentras- Bourgoin-Saumur….)

En effet la loi Bachelot va entériner la disparition du Conseil d’Administration (donc la perte de contrôle du projet)et favoriser une logique gestionnaire et mercantile de la santé faisant du soignant un producteur de soins, du malade un consommateur et de la médecine un business.

Les responsables politiques ont vainement tenté de déconnecter ces deux événements pour masquer leurs choix contradictoires : s’opposer à cette loi au niveau national mais l’appliquer de façon anticipée au niveau local.

Progressivement, derrière le vernis démocratique, les incohérences de ce projet deviennent évidentes et constituent autant de contre-arguments en sa défaveur :

- ce projet est inacceptable sur le plan moral, qui utilise l’argent du contribuable pour sauver une clinique privée sans contrepartie ni garantie.

- ce projet est dangereux en termes d’offre de soins, hormis la maternité unique, car la clinique n’apporte aucune activité innovante, bien au contraire avec la création d’activités nouvelles miraculeusement apparues et complaisamment tolérées, elle cherche par une concurrence directe déloyale à étouffer les services les plus exposés (cf SEL d’urologie), fragiliser les plus solides et menacer l’équilibre sanitaire structurel du département.

- ce projet est irrationnel en termes de mutualisation et d’économie car la solution finalement retenue de "juxtaposition côte à côte" est un pis aller. Nos décideurs envisagent, sans état d’âme, des travaux préalables pour les services logistiques dont certains sont pourtant neufs (cf bloc opératoire- maternité- urgences).

- ce projet est illogique sur le plan architectural, qui positionne stratégiquement le bâtiment privé sur l’artère principale de l’enceinte hospitalière et en pont entre l’oncologie et le bloc opératoire !

- ce projet est inique pour le niveau d’hôtellerie : bâtiment neuf pour le privé - promesse de rénovation de l’ancien pour l’hôpital.

- ce projet est inadmissible pour l’interprétation fallacieuse des seuils INCa notamment pour l’urologie volontairement référencés à l’année suivant le départ d’un urologue et sur le chantage de monopole du privé pour cette discipline.

- ce projet est peu crédible pour le risque de constitution d’une grosse clinique recomposée en raison du déroulement des négociations entre les deux cliniques. La clinique des Cèdres souhaite au contraire une régulation naturelle du paysage chirurgical briviste et ne comprend pas l’acharnement à sauver une clinique défaillante.

- ce projet est ingérable même dans le cadre du fameux Groupement de Coopération Sanitaire, probable usine à gaz sur le plan juridique, financier et administratif, faisant cohabiter des personnels de statuts différents, avec des règles tarifaires, financières et administratives différentes.

- ce traitement de faveur envisagé pour la Clinique Saint Germain est incompréhensible car dans la même situation 8 ans plus tôt, la Clinique Saint Damien de Tulle avait vu ses activités reparties entre le CH Tulle et la Clinique des Cèdres.

Depuis le début, manquant à leur devoir d’information, nos décideurs sont bavards sur l’accessoire mais discrets sur l’essentiel, incapables d’apporter des garanties car ce projet préfigure pour l’hôpital, la vente à la découpe de ses activités les plus rentables et pour les familles, la disparition du libre choix et de l’égalité d’accès aux soins.

D’autres solutions existent pour améliorer réellement l’offre de soins, pérenniser une chirurgie publique de qualité et assurer une coopération public- privé apaisée et équilibrée.

L’objectif de la Coordination est de réveiller les consciences politiques et citoyennes, pour réclamer la simple application du principe de précaution face à ce projet contre nature."

Manuel Idrissi pour la Coordination (Soirée débat du 24.11.2009)

Suite à ces mobilisations pour la défense de l’hôpital de Brive et face au constat que l’ensemble des services publics subissent le même sort avec une politique cohérente du gouvernement, de casse du service public, un collectif départemental vient de se créer (à suivre)